Home / Nouvelles / Des élèves à l’honneur – Partie 2

 

Pour clore le 10e anniversaire de MYoga, nous vous présentons le portrait de cinq autres élèves et de leur dépassement respectif, ce qui vient compléter la galerie de 10 portraits annoncée pour célébrer la première décennie du centre.

Voyez comment Alexandre Jouan, Kathleen MacGregor, Martine Pelletier, Julie Pépin et Rachel Thibault ont mis à contribution leurs acquis du yoga pour mener à terme leur exploit.

Alexandre Jouan :
sur les chemins de l‘âme

Alexandre s’est initié au yoga, il y a une vingtaine d’années, d’abord avec Nora Byrne dont l’enseignement s’inspire largement du Yoga Iyengar. Il a par la suite suivi des stages à l’United Yoga de Montréal avec Hart Lazer et Donna Reed, à Québec, avec Robert Cory et Bobby Clennell. Il est actuellement inscrit au niveau II où il se maintient par respect pour des limitations physiques persistantes.

Il affirme que le Yoga Iyengar l’a soutenu dans des moments clé de sa vie personnelle et professionnelle : « ll vous est sans doute arrivé de verser des larmes lors de Shavasana. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises lorsque soudain tous les verrous que l’on maintient désespérément en place sautent et que les barrages s’effondrent. Enfants, travail, maladie, divorce… Les noeuds émotionnels que libèrent le yoga postural ouvrent le chemin de la guérison physique et mentale. »

Il s’est éloigné des studios quand la passion de l’escalade de rochers l’a saisi, activité dans laquelle il s’est investi pendant plus de huit ans. À titre de premier de cordée, Alexandre a découvert qu’il y a beaucoup de similitudes dans les enseignements que l’on tire de la pratique du yoga et de l’escalade : « Préserver son calme mental dans des conditions extrêmes pour éviter une chute et ses conséquences pour soi et la cordée nécessite de garder le contrôle de son souffle pour que les muscles restent détendus et l’esprit clair et alerte de façon à pouvoir trouver le bon chemin sur la paroi, les bonnes prises. Réussir certaines voies m’a pris des mois de travail physique et mental pour ne pas me laisser dominer par l’anticipation d’une difficulté potentielle. Le plus grand enseignement a été de me lancer en oubliant la voie, de rester concentré sur l’exécution de chaque geste, d’oublier immédiatement une imperfection et de conserver un bon souffle. J’enchainais alors dans la détente mentale la plus totale des voies qui m’écrasaient auparavant. Mon terrain de jeux préféré au Québec était le Parc des Grands-Jardins. »

La beauté de la nature, la recherche d’équilibre et d’harmonie l’ont amené à la calligraphie japonaise qu’il pratique maintenant depuis une décennie.

Puis la lecture des grands maîtres et le désir de continuer de croitre, l’ont amené en 2018 sur les chemins de l’île japonaise de Shikoku. Une immersion de six semaines pour parcourir à pied les 1200 km de ce sentier traversant villes, villages, montagnes, forêts, rizières, rivages à la rencontre d’un peuple, d’une culture, d’un art de vivre et d’êtres desquels Alexandre dit qu’il avait tout à apprendre. « Marcher seul en silence de longues heures en pleine nature et pendant plusieurs jours aiguise et affine les sens. Le mental se calme, ce qui permet de ressentir et de percevoir des sons, des sensations que l’on ne percevrait pas autrement. C’est dans ces moments-là que quelque chose de nouveau peut être révélé. La grande générosité de la population de Shikoku m’a appris que la bienveillance et l’amour universel (ma traduction de loving kindness) sont les clés de voute de toute relation pure et nourrissante pour l’âme. »

Ce fut une aventure profondément transformatrice qu’il se prépare à renouveler. Alexandre estime que le Japon et la Voie de l’Écriture lui ont ouvert un chemin qui n’aura pas de fin afin de nourrir et de protéger son âme, le but même de l’existence.

Kathleen MacGregor :
quand le yoga soutient la profession

Kathleen MacGregor, inscrite au niveau avancé, fréquente le studio MYoga depuis ses tout débuts. Très jeune, alors qu’elle habitait en Colombie-Britannique, elle s’était déjà familiarisée au yoga Iyengar par la meilleure amie de sa mère qui le pratiquait dans l’un des nombreux studios de la région.

Son intérêt pour le yoga a vite été motivé par sa profession : Kathleen est biologiste-chercheure dans les eaux nordiques et plongeuse émérite pour son métier. Selon les projets en cours, il peut lui arriver de faire jusqu’à 300 plongées en une saison dans les eaux sombres et froides du Saint-Laurent et jusque dans l’Arctique ! C’est un métier qui requiert une forme physique exceptionnelle, beaucoup de force musculaire et d’endurance; la sécurité peut en dépendre.

« Contrairement à d’autres types d’activité physique qui développent la forme, pour la plongée, c’est le contraire : il faut être en forme avant de se lancer dans cette activité. » En effet, les plongeurs revêtent des équipements très lourds pouvant ajouter jusqu’à 60 kg à leur poids, sans compter les équipements de recherche à embarquer dans le bateau et à déplacer pendant la journée, dont le poids peut atteindre jusqu’à 450 kg. Les professionnels doivent alors pouvoir compter sur leur agilité et leur force physique et notamment la stabilité du tronc et du « core » pour éviter des blessures.

Outre l’aspect physique, Kathleen explique que le yoga et la plongée l’attirent pour des raisons similaires. Le métier de plongeuse est un métier d’intériorité, une activité quasi méditative : « On est seul dans la noirceur de l’eau, en silence, dans la conscience de notre respiration qui est l’outil le plus important en plongée car si on inspire, on remonte, si on expire, on descend. Dans la conscience aussi de nos micromouvements et de la justesse de l’alignement de nos membres, car la moindre variation dans l’extension ou la rétraction de nos membres a une incidence sur notre position dans l’eau. C’est un métier de précision qui exige une fine connexion avec notre conscience corporelle. »

Au fil des années, le yoga s’est ainsi révélé un indispensable appoint pour l’exercice de sa profession. Il a permis à Kathleen de développer la maîtrise de soi, le calme intérieur, la confiance dans les réponses de son organisme, autant d’atouts pour jouir de son métier de chercheure-plongeuse, un métier aussi exigeant que passionnant !

Martine Pelletier
en doublé cet été !

Martine Pelletier, niveau avancé, fut enchantée de découvrir l’existence du studio Iyengar quand elle est revenue s’installer à Québec pendant la pandémie. C’est qu’elle pratiquait assidûment ce type de yoga, à London, en Ontario, depuis 2003 !

Elle dit apprécier le yoga pour ses aspects corporel et spirituel, parce qu’elle est très sensible à l’énergie, au besoin de se relier à son organisme et de le maintenir en bonne santé physique et mentale.

Cet été, Martine a entrepris un audacieux doublé : une randonnée de cyclotourisme le long de la mer baltique, au mois de juin, où elle a accumulé les kilomètres, par temps parfois venteux et pluvieux, pour traverser l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Elle avoue que chaque randonnée à vélo constitue un défi puisqu’il exige de la force physique, du souffle, de la concentration, de la volonté et de la persévérance, et c’est là qu’elle puise ses ressources dans le yoga. Il lui est même arrivé, pendant un parcours en Estonie, de se retrouver seule à rouler en forêt vers le lieu d’arrivée, ses compagnons de route, plus rapides, ayant disparu au loin. Puisant dans ses acquis du yoga, le reste du trajet s’est transformé en dépassement de soi et en méditation.

De ces pays plutôt nordiques, Martine s’est envolée ensuite vers l’île aux fleurs, Madère, cet archipel volcanique à 1000 km de Lisbonne où l’impératrice Sissi – qu’elle admire – était allée se soigner à l’ombre des hibiscus, des orchidées et des oiseaux du paradis. L’objectif : des randonnées pédestres sur de hautes falaises escarpées longeant l’océan, et dans les levadas, d’anciens et étroits canaux d’irrigation à flanc de montagnes, jouxtant le vide. « J’ai dû faire appel à toutes mes ressources pour ne pas laisser la panique s’emparer de moi en marchant le long de ces précipices… ».

C’est une des forces héritées de la longue pratique du yoga : rester centrée. Mais plus encore : sentir la force et le tonus de son organisme, croire en sa souplesse, faire appel à des zones plus obscures du corps parce qu’elles ont été explorées dans les asanas, autant d’aptitudes qui permettent à Martine d’avoir envie de relever des défis et surtout d’avoir confiance en ses capacités de réussite.

Julie Pépin :
quand le respect des limites mène au dépassement

Il y a trois ans, alors qu’elle décidait de renouer avec le yoga après une longue interruption à la suite d’une maladie, Julie Pépin s’est inscrite au cours de yoga doux (anciennement MRDU). Elle apprécie ce cours modéré notamment pour la rigueur des apprentissages, la recherche de la posture juste et le rythme qu’elle qualifie de « méditatif ». Elle s’y sent respectée dans sa progression et ses limites et elle a l’impression que c’est un lieu où elle peut prendre soin d’elle-même, grâce à la conscience des alignements et du souffle, dans la douceur.

Plus jeune, Julie a pratiqué d’autres formes de yoga, où il lui arrivait parfois de se blesser, en imitant les autres ou en dépassant ses capacités. Dans la vingtaine, elle caressait aussi le rêve de faire le Chemin de Compostelle, alors que cette expérience n’avait pas acquis la notoriété d’aujourd’hui.

En 2024, forte de sa remise en forme par diverses activités dont le yoga, elle concrétise son rêve et s’engage dans un pèlerinage de 220 km entre Le Puy-en-Velay et Conques, parcourant en moyenne une vingtaine de kilomètres par jour, beau temps, mauvais temps. Cette portion du chemin de Compostelle se situe en France dans une région plutôt montagneuse aux nombreux dénivelés, ce qui requiert une bonne forme physique.

Julie affirme que le yoga lui a permis de développer sa confiance envers ses capacités physiques, la force de la musculature de ses membres et de son dos pour être apte à porter son sac à dos sans se causer de blessures. Son secret fut de marcher à petits pas, en respectant ses limites et en se centrant sur le moment présent, un pas à la fois, comme on dit ! Et en harmonisant son souffle à la cadence de ses pas. Jamais une fois ne s’est-elle blessée.

Et mieux encore : jamais la folle du logis ne s’est-elle emballée ! Toutes les peurs anticipatoires – peur de l’échec, peur de souffrir, peur de se faire des ampoules, peur de ne pas dormir, peur d’avoir soif, peur de s’égarer , etc. – se sont dissoutes en route en constatant que le corps répondait toujours présent.

Grâce à ses forces physique et psychique maintenant bien intégrées, Julie s’apprête à reprendre le chemin en septembre, sans aucune appréhension, pour marcher la portion se situant entre Conques et Moissac. Elle appliquera la recette qui l’a bien servie jusqu’à maintenant : être à l’écoute de son rythme et de ses limites.

Rachel Thibault :
un corps pour le Grand Nord !

Rachel Thibault pratique le yoga Iyengar depuis 2022. Elle est actuellement inscrite au niveau II, qu’elle choisit de conserver parce qu’elle ne peut être aussi assidue que souhaité. Elle est une adepte du yoga de longue date, mais elle a décidé d’adopter le yoga Iyengar pour la précision des mouvements et la diversité des pratiques.

À l’été 2024, elle s’est engagée dans une expédition de 10 jours en kayak de mer et en randonnée pédestre dans les fjords de l’est du Groenland. Une expérience mémorable dont le point de départ était le village de Kulusuk, une destination insulaire prisée pour découvrir la beauté de la nature arctique.

Durant les six journées en kayak, le physique, l’état mental et le sens de l’organisation ont été mis à l’épreuve : « Nous sommes revêtus de nos combinaisons étanches, tous nos effets (tentes, sacs de couchage et vêtements) et nos provisions doivent être rangés avec méthode pour la journée dans la coque et sur le kayak. Nous avons été chanceux puisqu’il y eu peu de vagues et de vent durant notre périple. La température présente de grands écarts frôlant le point de congélation durant la nuit que nous passons installés sur le rivage. C’est une aventure très physique qui exige des manœuvres variées et une endurance face au froid. »

Malgré ces conditions exigeantes, pas une seule fois Rachel ne s’est-elle sentie à la limite de ses capacités d’adaptation. Elle impute en partie ce phénomène au fait que son corps était bien préparé, qu’elle avait développé confiance en son organisme grâce au yoga et à l’exercice qu’elle pratique dans différents sports et en salle. Ses connaissances du yoga lui ont aussi permis de savoir comment remobiliser son physique, à la fin des longues journées, par les étirements appropriés. « Le yoga m’a amenée à développer l’écoute de mes besoins et à approfondir ma conscience corporelle. »

Il a aussi sans doute contribué au développement d’une souplesse mentale et d’un sens de l’acceptation qui laissait Rachel ouverte à tous les possibles, que ce soit sur le plan de la température, des imprévus potentiels, etc. Grâce à cette précieuse disposition, Rachel a pu jouir de la majestuosité du paysage dénudé, au point d’avoir l’impression de s’y fondre, d’en faire partie intégrante.

 
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